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Qu’il vente, qu’il pleuve, ou qu’il fasse 40 degrés qu’importe, le 8 juin je serai à Rio, au beau milieu de la forêt de Tijuca, pour assister au festival Encantado .

Pour sa deuxième session, ce festival musical, artistique et solidaire fera battre cuivres, cordes et coeurs au milieu de la plus grande jungle urbaine du monde. Pendant plus de 10 heures de musique, de nombreux artistes Brésiliens et internationaux nous feront rire, danser -et peut-être aimer- sous le ciel de la cidade maravilhiosa.

Oui, ce festival fera battre avant tout nos coeurs, car il a pour but de mettre les projecteurs sur une favela d’un autre genre. Point de police robocopée ici, mais plutôt une vraie communauté, au sens premier du terme, qui a réussi à s’organiser en coopérative grâce à une ONG, et qui vit et travaille en harmonie avec la Nature. Encantado mettra en lumière une autre réalité, une autre manière de « vivre ensemble », celle des communautés du Alto da Boa Vista.

En 2012 déjà, j’étais venue faire ma salutation au soleil en me dandinant sur « je dis M », Mathieu Chedid étant le parrain de la première édition. Il nous avait offert une performance mémorable, incluant duo avec Seu Jorge et General Electricks, qui partageaient avec lui la tête d affiche.

Cette année, c’est Criolo, la révélation musical Brésilienne de 2012 qui sera le nouveau « padrinho » http://arpoadorbatignolles.com/2012/10/09/mon-nouveau-prof-de-portugais-sappelle-criolo/. Là, je sais que je vais rendre vertes de jalousie ma bande de copines parisiennes. Désolée… Point de frontières pour les artistes, les rappeuses ESG, figure mythique du Hip Hop New-Yorkais des années 80/90 passeront par là elles aussi.

Sans oublier mon ami C.Sen , toujours entre deux rimes (et entre deux rives), qui viendra apporter son flow de la francophonie http://arpoadorbatignolles.com/2013/01/25/630/. S’en suivront Simone Mazzer, Dj French Fries et beaucoup d’autres.

Cette résidence dans le Vale Encantado sera aussi l’occasion de découvrir le travail d’artistes performeurs, comme les Mais amor por favor, qui placardent les villes du monde entier de messages d’amour.

Je pourrais vous décrire plus en détail la programmation extraordinairement riche de ce festival. Mais je crois que le dénominateur commun de toutes les actions mises en oeuvre réside principalement dans le partage et l’échange, et que c’est la seule idée à retenir. Comment cela pourrait-il en être autrement quand on sait que c’est la merveilleuse équipe fondatrice de la Favela Chic qui est aux commandes de la programmation? 17 ans que ceux-là se sont trouvés, et transpirent ensemble joie et amour entre Rio, Londres et Paris. Je bénis le jour où j’ai croisé leur chemin. Cette « galera » a définitivement un chromosome en plus. Celui de la générosité. Mais amor por favor! MAIS AMOR PORRA !!!!

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Depuis quelques jours, les injures défilent sur le net. Comment Hedi Slimane a t’il pu choisir comme égéries pour Yves Saint Laurent, la marque dont il est Directeur Artistique (et qu’il a rebaptisé Saint Laurent Paris), Courtney Love, Marilyn Manson ou bien encore Kim Gordon? On crie au blasphème. Comment est-il possible de trainer aussi « bas » le nom du défunt couturier? Mais de quoi parle t’on ici exactement?

Dans un premier temps, cette campagne m’a dérangé moi aussi. Mais pas pour les mêmes raisons. Je n’y reconnaissais pas les icônes de rock avec lesquelles je m’étais construite. Marylin Manson a l’air bien sage dans son appartement à moulures blanches, et il manque cette dimension « je m’habille avec n’importe quoi, et ça a une gueule folle » à Courtney et Kim.

J’étais adolescente dans les années 90, et j’ai complètement embrassé le mouvement grunge. Kim Gordon et Courtney Love étaient mes modèles, au moment même où la mode ne mettait en exergue que des Claudia Schiffer ou autre Naomie Campbell. Et le commun des mortels s’accordera  pour dire qu’à cette époque, ces deux mondes là ne se mélangeaient pas. Pire: ils se haïssaient.

Cependant il faut admettre que si la mode n’était qu’un éternel hommage esthétique à des créations d’une époque révolue, elle serait plutôt barbante et complètement futile. Et j’aurais honte d’y travailler depuis de nombreuses années. Je reste persuadée que la Mode est, comme l’Art ou la Musique, un moyen de synthétiser une époque.

J’avais déjà cité cette phrase de l’artiste plasticien Paolo Pasolini: «Il faut croire en la formidable force révolutionnaire du passé ». Autrement dit, il y a des forces du passé qu’il faut savoir ressortir, au bon moment, et qui peuvent nous faire avancer. Le mouvement grunge – puisque c’est de cela dont il s’agit ici- en fait il partie? Si je devais simplifier le mouvement grunge, je dirais que c’est un énorme bordel de trucs moches. Les thèmes des chansons étant « la dépression », « la drogue », « la mort », « la désillusion de la société de consommation ». Mais ce qu’il y a de totalement paradoxal avec ce mouvement, c’est qu’il fait « du beau avec du laid » : il réussit à dégager de tout cela une formidable ENERGIE. Et, depuis que je suis rentrée en France, j’ai bien l’impression que l’énergie est ce qui nous fait le plus défaut.

Oui, cela me fait un peu mal de voir mes icônes « authentiques » mercantilement placardées sur des campagnes publicitaires. Mais ne nous méprenons pas. Une campagne de Saint Laurent n’est pas comparable à une campagne d’une grande marque de distribution. Elle est là pour donner un ton, pas pour vendre. Alors une fois la mésalliance digérée, je vous invite à découvrir l’univers esthétique et musical de ces artistes, et si vous avez envie de « pogoter » ou de vous dandiner, c’est que le grunge n’est pas complètement enterré.

599674_10151298649167657_2074795433_nJ’ai découvert Maria Lynch, l’artiste plasticienne aux multiples facettes, à Art Rio la foire d’Art Contemporain de Rio. Il y avait beaucoup d’artistes que je ne connaissais pas, mais des mois après, c’est bien d’elle dont je me souviens en premier. Pour dire vrai, ses toiles pastels viennent souvent se promener dans ma tête. Et à chaque fois elles me transportent dans une douce rêverie.

Cette jeune artiste ( à peine plus de 30 ans) est une Carioca originelle. Elle est née et vit toujours à Rio.  Elle est Diplômée du Chelsea College of Art and Design de Londres, tout comme mon hyper talentueux cousin chéri Nicolas Cambier ( http://www.nicolascambier.com). Elle est également connue pour ses performances mêlant corps en mouvement et sortes de peluches aux formes rondes de couleurs acidulées.

Je ne me peux pas dire vraiment pourquoi, mais le travail de Maria Lynch me plait beaucoup. J’aime ses couleurs, ses formes et plus que tout, comment ses compositions occupent l’espace de la toile. Ou plutôt, comment ses compositions se fichent de l’espace de la toile. Pas de frontières matérielles pour Maria, son oeuvre flotte dans l’air et ses tableaux sont comme une pièce d’un puzzle imaginaire. A vous de décider si votre imagination doit terminer de parfaire les formes qu’elles suggère.

Pour ma part je préfère me dire que ses toiles sont mouvantes. Son travail nous rappelle que rien dans la vie n’est terminé ou acquis. Comme l’Univers, les toiles de Maria Lynch sont en perpétuelle construction. Loin de moi l’idée de penser que ces tableaux ne sont pas finis. Ils suggèrent un mouvement bien plus large, et c’est bien là que réside tout son talent.

http://www.marialynch.com.br

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