Paris, Paris, Paris…

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Crédit photo Hôtel Jules et Jim Paris


J’ai adoré le film Beetlejuice. Je sais, incontestablement cela trahit mon âge (plus de 30 ans), mais j’ai du le voir une bonne vingtaine de fois. Pour l’appeler – et faire disparaitre cet affreux- il fallait dire son  nom 3 fois. J’ai gardé cette habitude. Depuis une semaine, tous les matins, avant d’ouvrir les yeux je me dis : « Paris, Paris, Paris ». Et ça marche, puisque je me réveille avec la vue sur les toits de la ville lumière.

Mais mes yeux sont restés Cariocas. Mes habitudes aussi. La première chose qui me surprend, moi Parisienne aux pupilles neuves, c’est que tous les quartiers de Paris se ressemblent. J’avais souvent entendu des touristes dire ça, mais aujourd’hui je comprends. Paris a une véritable uniformité architecturale. Il n’y a pas d’anarchie ici, mais de la constance. Le gris, c’est chic.

J’ai gardé mon sourire, celui que vous voyez sur tous les visages des Brésiliens. Sauf que dans le métro cela porte à confusion, d’où des réponses salaces de types un peu pervers qui me le rendent avec un clin d’oeil, voire une mimique un peu cochonne que je ne peux heureusement pas décrire par l’écriture. Je dois avoir l’air idiote avec cette joie de vivre collée sur ma tête, encore trop bronzée. Je me réjouis de tout, je savoure chaque rencontre. Tout est beau, soigné, sophistiqué. J’ai découvert la Gaité Lyrique qui est un lieu sublime, mais malheureusement pas de Caipirinhas au bar, même pas un morceau de citron pour décorer mon Gin Tonic! Mais le Champagne a le goût de Champagne, le vrai, pas le « espumante », je l’ai appris un peu à mes dépends….

Quand je vois quelque chose bouger sur les trottoirs mon premier réflexe -apeuré-est de penser qu’une « baratta » (cafard énorme) vient de passer. Mais non, il s’agit juste d’une feuille morte. Je dis « obrigada » avant de dire merci,  « com licenca » à la place de « excusez-moi » et « ta » pour dire « d’accord ». Je dois me mettre à jour, car ça y est on redit « t’as pas 50 balles », et ça veut dire 50 Euros et non 50 Francs… Mais je vais avoir beaucoup de mal à l’utiliser cette expression.

La grande question est comment partager cette nouvelle énergie? Se réadapter sans perdre ce que j’ai gagné. Ne plus jamais retrouver l’attitude blasée des Parisiens. Savourer chaque instant: Rire, Manger, Danser, Aimer.

Le soir je fais la démarche inverse. Je me dis  » Rio, Rio, Rio ». Mais plus besoin d’avion. Rio est en moi, pour la vie. Je sens mon coeur battre aussi fort que la batucada. C’est une nouvelle version de moi qui est rentrée, plus intense…. Obrigada meu Rio!

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2 commentaires
  1. Lise a dit:

    Ah, comme je me reconnais là dedans, les sourires que je ne sais retenir et qui font que sans cesse on m’interpelle, dans le bus, la rue, le métro, les « ta », « tão ta » dont je ne parviens qu’après de longues semaines à me défaire, l’étonnement face à la constance des couleurs et de lignes des paysages parisiens….
    Et vraiment « 50 balles », quelle idée, moi je refuse d’employer cette expression, des balles c’est des francs, point barre! 🙂
    tu es rentrée en France pour un moment où tu vas revenir bientôt bosser au Brésil?

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