Une toile entre deux rives

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour se rapprocher, le Brésil et la France ont entrepris de tisser une toile commune. Ainsi, le salon Première Vision ( salon mondial de tissus) s’exporte à Sao Paulo deux fois par an depuis de nombreuses saisons. Cette année, L’Institut Français de la Mode était un invité privilégié: l’IFM comptait Laurent Cotta dans sa délégation, conservateur au Musée de la Mode de Paris ( Musée Galliera) chargé du département de la Mode Contemporaine. A travers un cycle de conférences, au sein même du salon, mais aussi à la prestigieuse université PUC de Rio, il rappela l’importance de l’étoffe dans l’Histoire de la Mode, son lien privilégié entre la matière et la forme, son rôle d’inspiration pour le rendu final… D’un point de vue « d’économie créative » on saisi alors l’importance de l’échange, du partage entre les différents pays. Chaque région du monde a une tradition textile, et faire de la mode à un endroit du globe, c’est aussi puiser, voyager, fouiner, dénicher partout ailleurs! Créer une collection, c’est dialoguer avec le reste du monde pour marquer son époque dans une unité de lieu et de temps.

Cette année encore, la Fashion Week de Sao Paulo offrait un paysage étendu d’innovation textiles: formidables impressions de paysages version sépia chez Osklen, étoffes en volume chez Amapo, mélange de matières chez Reinaldo Lourenco ou imprimés lumineux chez Neon ( dont le défilé était en extérieur, laissant la lumière brésilienne exploser sur ces merveilleux dessins).

Seulement la Mode Brésilienne écume de plusieurs difficultés: des saisons inversées avec l’Hémisphère Nord, des taxes lourdes à l’importation de matières premières  font partie des quelques travaux herculiens qu’elle doit braver pour gagner la place mondiale qu’elle mérite. Apprendre à articuler et à garder une forte créativité autour de contraintes économiques pesantes est une problématique récurrente, que la Mode Française connait depuis des décennies.

Comme le fil qu’Ariane donna à Thésée pour se sortir du labyrinthe où le Minos l’avait enfermé, la Mode Brésilienne doit trouver le fil qu’elle dévidera pour se sortir des contraintes qui l’empêchent aujourd’hui de rayonner. Ce fil, à travers la trame de l’amitié franco-brésilienne, deviendra je l’espère une jolie toile entre nos deux pays, premier métrage  d’un dialogue infini entre savoir-faire et merveilleuse créativité.

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