L’âge de Raison

 

 

 

 

 

 

 

Un jour, grâce à un ami, j’ai découvert que la notion du temps était mathématique. La sensation du temps qui passe est relative au temps déjà écoulé depuis notre naissance. C’est pour cela que vous aviez l’impression qu’une année  passait si lentement quand vous étiez petit. Par exemple, pour un enfant de 7 ans, une année passée correspond à 1/7 soit  0,143. Pour un adulte de 47 ans cela correspond à 1/47 soit 0,021. En somme, une année passe 6,80 fois plus vite à 47 ans qu’à 7 ans.

Tout ça relativise les écarts d’âge et de génération. Une fois encore ces différences sont sociales et non « naturelles ». En arrivant au Brésil j’étais surprise que notre groupe d’amis soit composé d’un joli bouquet de printemps différents. En s’expatriant, nous avions laissé une grande partie de nos conventions et carcans sociaux, si bien que l’âge n’était plus une barrière.  Et qui plus est, nous étions même incapables de deviner nos âges respectifs.

A Paris, je savais instantanément donner l’âge de quelqu’un. Mais il faut être honnête, j’étais aidée par une multitude de signes: si une personne me parlait de son BAC A1 et de « Zora la Rousse » je savais qu’elle avait plus de 35 ans. De même, si j’entendais « Noctanbus » ou  » Licence, Maîtrise  » je pouvais deviner qu’elle avait pile mon âge soit la petite trentaine. Enfin, si je rencontrais quelqu’un qui me glissait plus de 3 fois « TAVU » dans la conversation et qui racontait qu’elle avait un portable au lycée j’en déduisais vite que le cap des 25 ans n’était pas encore franchis.

Ainsi libérés des frontières de nos années de naissance, nous découvrions des personnalités et nous les laissions s’exprimer. Nous étions tous rassemblés par la grande aventure du Brésil, et cette identité  collective était plus forte que toutes les autres. C’est une nouvelle ouverture d’esprit que permet le voyage : celle du relativisme générationel. Des grandes amitiés se sont créées, des couples se sont trouvés. Entre 22 et 37 ans le coefficient de différence n’est plus que de 1,66. Un bien petit chiffre si on y pense…

On a bien des choses à s’apprendre entre générations. Nos différences font notre richesse: «  Il y a deux manières d’être un homme parmi les hommes. La première consiste à cultiver sa différence, la seconde à approfondir sa communion ».

Ma génération est celle qui a eu André Malraux au programme du Baccalauréat et je le remercie pour cette citation.

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