La mode du fil à l’aiguille à l’encre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand on arrive au Brésil, et plus particulièrement à Rio de Janeiro, il faut apprendre à composer avec un accessoire de mode que l’on utilise peu en Europe: son corps. La première raison est qu’il fait chaud, voire très chaud. Et que vous ne supportez que peu de vêtements. Ensuite, bien qu’étant dans une ville, la nature est omniprésente et cela vous ramène plus ou moins directement à ce qu’il y a de plus organique en vous. VOUS.

La forme la plus répandue d’accessoirisation du corps est le tatouage. Ici, tout le monde est tatoué. Encore hier soir on s’est étonné  » Mimi tu n’as aucun tatouage?? vraiment aucun? même pas un petit  caché? » et bien non…

Cela m’a pourtant souvent traversé l’esprit. J’aime l’idée de marquer son corps à un moment précis de sa vie ( pour se rappeler quelque chose)  et d’en garder une trace. Seulement ça reste dans le domaine du signe intime pour moi, c’est un peu du même registre que la lettre que l’on se poste à soi même pour plus tard quand on est enfant.

Mais à Rio la donne est différente. Ici, il faut « consommer » le tatouage. C’est une envie subite, une lubie d’un jour, un accessoire de beauté sans lequel vous vous sentez complètement nulle.  Ne pas avoir de tatouage, c’est un peu comme n’avoir jamais acheté un bijoux chez H et M: pourquoi s’en priver? Maximum d’effet pour mini dépense ( si on considère pour le tatouage la longévité de ce dernier). Ici on ne se tatoue pas pour être différent. On se tatoue pour dire qu’on est là, qu’on existe. Ce qui donne des résultats parfois étonnants pour nous Européens.Les tatouages ont des tailles bien plus imposantes que chez nous. Beaucoup de filles ont tout le mollet tatoué ( souvent des formes de lianes), mais aussi le dos, les bras « version papier peint », le cou avec des noms ou des phrases calligraphiés. La plupart des tatoués sont d’ailleurs plus « mainstream » qu’ « underground ». Il y a aussi des choses différentes, belles et atypiques comme le tatouage à l’encre bleu de ma copine F en photo.

En somme la peau est au Brésil le support le plus facile pour exprimer son style, sa mode, son attitude. Et personne ne se pose ici la question: « mais quand tu seras vieux, ça sera bizarre, non? »

Je pense que les tatouages sont la mode et l’expression de notre génération et que cette mode vieillira avec nous. On ne trouvera pas plus étrange dans 40 ans, un vieux tout tatoué qu’un vieux en béret basque et gilet aujourd hui. En effet, le béret et le gilet sans manches étaient des trucs de « jeunes » avant d’être des trucs de « vieux ». La mode de l’époque a vieilli avec eux et est devenue ringarde. Si ça se trouve nos petits enfants se moqueront tendrement de nos tatouages:

« Les tatouages? pfff… un truc de papy!! « 

1 commentaire
  1. d'Halloy a dit:

    que te dire ce cet article cette fois-ci bein tu écris toujours aussi bien et cela donne presque envie je dis bien presque envie de se faire tatouer!!

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