Comme un souffle sur ma peau, Marzio…

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand on me demande ce que je fais au Brésil, et que je réponds  » je source de la mode Brésilienne », inévitablement on me regarde un peu de travers.  Les gens ne comprennent pas qu’une acheteuse de Grands-Magasins parisiens soit venue s’exporter au Brésil.  » Mais tu trouves des choses ici? », » il y a quand même tellement mieux en Europe! » sont des phases que j’entends quotidiennement. Tout ici est une histoire de relativisme culturel et de création. Et ces deux points sont indissociablement liés. Je suis venue chercher ici ce que seul un pays ou une société en pleine transition est capable de donner. Que ce soit en photo, peinture, architecture ou mode ils produisent les traces de l’expression de leur nouvelle identité. C’est l’enregistrement à l’instant T de leur nouvelle prise de parole face au reste du monde.

Marzio Fiorini est un créateur de bijoux. Oui, mais des bijoux en borracho, c’est à dire en caoutchouc.Le Brésil est un des premier pays producteur de cette incroyable matière complètement recyclable. Et je n’avais jamais vu un tel résultat sur cette matière avant de le rencontrer.Marzio a eu plusieurs vie. Dans l’une d elle il avait une marque de prêt-à-porter. Un jour, il voulait créer une chemise avec une trentaine de boutons de couleurs différentes. Mais les matières utilisées ne lui permettaient pas d’obtenir le rendu désiré. Il a donc décidé de les faire refaire, mais cette fois-ci en »borracha ». Coup de foudre immédiat avec la matière. Après un an de recherches et d’essais, il décide de s’y consacrer exclusivement en lançant une marque de bijoux.

Cette matière permet des formes et des couleurs à l’infini. Ces Joias de borracha ( joyaux de caoutchouc) se posent sur la peau, comme le souffle du vent frais qu’on attend tous, le soir venu au Brésil. Ils sont si légers qu’on les oublie, et en croisant son reflet dans un mirroir, on se ravit de sa parure -parfois géante- qu’on sent à peine. Les découpes et les couleurs  me rappellent l’extraordinaire végétation qui nous entoure ici. Sur la peau, c’est la puissance de la nature  grâce à cette matière complètement organique. Chaque pièce est un concentré de gaité et de bonheur. Bref, vous avez envie de danser nue sous une pluie d’été Carioca, avec comme seuls vêtement ces lianes de caoutchouc…

Voilà, je suis venue chercher au Brésil une mode qui synthétise le mieux son époque dans une unité de  lieu et de temps. Les créations de Marzio sont sont fortes, puissantes et gaies. Comme le Brésil d’aujourd’hui, et elles se composent d’une matière naturelle 100% locale.

je ne suis pas à la recherche d’une mode qui serait capable de détrôner la création Française. Je ne suis pas ici pour faire le darwinisme de la création mondiale. Mais j’aime la mode quand elle fait sens, et Marzio Fiorini est un créateur qui a tout compris.

http://www.marziofiorini.com/




1 commentaire
  1. jftatin a dit:

    J’ai l’impression que certaines créations sont tellement l’expression de leur lieu de naissance qu’elles peuvent être difficile à porter ou apprécier ailleurs. Je ne parle pas des (beaux) bracelets de M. Forzini mais le caoutchouc et les couleurs me rappellent les havaianas. J’ai compris les havaianas au Brésil. Avant, impossible de mettre une paire de tongues, ça m’a toujours renvoyé l’image du tourisme un peu nul, de sanitaires de camping… Et bien dès mon arrivée à Rio, poussé par une force supérieure, j’ai investi dans une paire : les basiques, à 12 reais en pharmacie, rouges. Je dois dire que j’ai vécu une véritable histoire d’amour avec elles, je ne pouvais rien mettre d’autre pendant le carnaval. Confortables, légères, résistantes, portées un peu juste, comme un prolongement du pied, pas une ampoule, avec la couleur qui se délave parfaitement, rouge orangé, magnifiques. Après vérification ce n’était pas qu’un truc de touristes, tout le monde en avait : enfants, pêcheurs, cariocas, tout le monde. Je les adorais tellement que je voulais en ramener un stock perso, que des rouges, au cas où. De retour à Paris en mars, elles ont évidemment perdu leur fonction, leur sens, je les aime toujours mais j’ai peur que rien ne soit plus jamais comme avant. On verra cet été mais je crois que la lune de miel est passée. Il me reste la cachaça, de la crème granado et des biscuits globo pour consolatio.. keep bloging! bise

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